Des livres

On ne peut pas lire, notre vie durerait deux siècles,

tous les livres fécondés par notre prodigieuse Terre. 

Guillaume Bourquin, peintrécriteur

Lire déjà celui de la vie de tous les jours est un bel exploit qui ne nécessite aucune espèce de don…

Alors pourquoi lit-on ? Aux petits-enfants, on leur disait, il n’y a pas si longtemps encore, que les livres contiennent tout ce qu’homo sapiens – avant qu’il ne soit chassé par homo anthropocénus – savait depuis la nuit des temps et ce pourquoi il se pose et se posera toujours des questions : une réponse entraîne toujours une autre question… Mais qu’il y trouverait toutes les réponses.

Très succinctement car il n’est pas question de retracer toute l’histoire du livre, celui-ci a été très longtemps exclusivement une « pièce d’enseignement », un objet de savoir et de pouvoir, et même « sacré ». Depuis lors, en sus des livres d’études demeurés à 100% instructifs (l’essai inclus ouvert aujourd’hui à un plus grand nombre), il y a eu le premier roman…

Selon une aussi brève histoire, dont les sources divergent, les premiers romans dateraient du moyen-âge : Chanson de Roland, premier grand texte littéraire français ou Genji Monogatari (Le Dit du Genji), œuvre de la littérature japonaise, écrit au début du onzième siècle, premier roman psychologique. Or, le Professeur Mattei nous parle d’Apulée de Madaure, Apulée le rebelle, auteur numide né autour de l’an 125, et d’un ouvrage «picaresque» intitulé L’Ane d’or à considérer comme le premier roman de l’humanité…

Cette mobilité métaphysique se traduit esthétiquement par un pot-pourri de genres, de tons, un brassage d’évènements et de personnes, qui constituent tout l’intérêt de ce surprenant roman.

Gallimard (L'âne d'or ou Les Métamorphoses).

Là se cache tout le plaisir escompté du récit à nous confié, qui s’apprécie selon 3 éléments : l’écriture, la structure (ou la composition) et l’histoire. Parfaitement harmonisés, tout un art qui s’apprend, ces éléments  produisent parfois des chefs-d’œuvre. Des livres inoubliables. 

"Pour aborder les oeuvres d'art, rien n'est pire que la critique"

Rainer-Maria Rilke

Aussi bien, à propos de mes chroniques si vous les lisez, je dirai comme Bernard Grasset :

"Les notes ne sont que des résonances, des élans venus d'un ressenti fraternel - toutes choses qui n'appartiennent pas à l'appréciation, mais à l'émotion, à l'amour, à la reconnaissance."

Bernard Grasset

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