Rêve d’amour de Marie Geppert

Une écriture quasi proustienne...

Résumé : Eté 1828. Franz Liszt, au désespoir, veut entrer dans les ordres : sa demande en mariage a été refusée par le père de celle qu’il aime passionnément, Carolyne de Saint-Cricq, car il n’est qu’un pianiste…

Comment conjuguer amour et carrière, vie mondaine et élans mystiques, virtuosité transcendante et création musicale ? 

Marie Geppert débute le Roman de la vie de Franz Liszt, célèbre virtuose pianistique prodige né en 1811 et compositeur d’œuvres intemporelles, par une scène théâtrale. Liszt se morfond auprès de Dieu dans une église à la suite d’un événement qui le marquera à vie : le père de celle qu’il aime refuse catégoriquement que sa fille épouse un artiste. 

À défaut d’endosser la soutane, il se jette à corps perdu dans son art. L’amour ne tardera pas à le rattraper, devenant le leitmotiv d’une vie véritablement romanesque.

Ce destin hors du commun traverse le XIXème siècle à la manière d’une épopée. La musique s’immisce dans le récit, comme une protagoniste à part entière.

D’une plume gracile extrêmement vivante, mêlant harmonieusement récit, descriptions et dialogues, Marie Geppert nous conte la vie sentimentale de Liszt : une saga. Donjuanesque né, Liszt connaîtra beaucoup d’aventures féminines en dehors des deux compagnes qu’il aura à ses côtés (je n’en dis pas plus pour ne pas « spoiler »). Empreint d’une belle modernité  – les dialogues sont extraits d’échanges épistolaires, semble-t-il authentiques, soit un énorme travail de recherches – le récit comble le lecteur mélomane  par des « arrêts sur musique » (détails de jeux pianistiques et genèse de ses œuvres) plongé au cœur d’un univers sonore foisonnant ! Une playlist, téléchargeable sur Spotify, ouvre l’accès à plus de cent œuvres de Liszt et de ses contemporains dans des interprétations incontournables, complétée par des annotations orientant l’écoute du mélomane averti.

Le simple curieux de l’Histoire n’est pas en reste avec les détails de ses relations  (Sand, Chopin, Berlioz, Musset, Balzac, Delacroix, Schumann, Wagner…) et de ses déplacements à travers le monde (Italie, Grande Bretagne, Russie à l’époque du Tsar…) à une époque où se disputaient les partisans de la « musique durable » et de la « musique de l’avenir ».

A mon avis subjectif, il n’y a qu’un seul nuage dans ce ciel. Autant les « arrêts sur musique » sont appréciables, autant les descriptions environnementales non indispensables jettent parfois quelque langueur dans la belle vivacité d’ensemble. J’ai également signalé à l’auteure avoir été étonnée que le livre ne fasse pas référence à l’enfance de Liszt (une unique allusion très tardive : le besoin de donner des leçons de piano pour vivre) ni ne développe plus avant son engagement social dans sa jeunesse.

Réponse de l’auteure :

"J’ai délibérément choisi de ne pas « tout » montrer de sa vie, et donc son enfance par exemple... Comme tu l’as d’ailleurs très bien décrit pour ma première scène, je voulais un récit toujours très dynamique. Finalement, pour des raisons de « scénario » : j’ai un parti-pris romanesque, je n’ambitionnais pas de refaire une biographie (il en existe de très exhaustives). J’avoue avoir également pensé à une adaptation possible à l’écran (il n’existe pas de bio pic intéressant sur Liszt)."

Livre auto-édité.

    Ce formulaire utilise Akismet pour réduire le courrier indésirable.

    Abonnez-vous pour recevoir les prochains articles

    RGPD.

    🙂