L’univers des Ons

Que feriez-vous au lendemain d’une métacatastrophe dont vous êtes l’un des rares rescapés ?

Œuvre de l’imaginaire anticipatrice (2033), proche du conte philosophique.

La version romancée Les [non] Ons se joue sur le mode thriller psychologique, mêlant réalité et fiction, éléments fantastiques et de « hard sci-fi » (cyberpunk) dont une novlangue, non sans un certain humour. La Note aux futurs… est une version « abrégée », sorte d’essai imaginaire extrait du roman, sa quintessence même.

Résumé : Après le « Ça » (nom donné au désastre qui surviendra en 2033) un vieux philosophe (avatar de Nuccio Ordine) se réveille dans l’abri où il a été recueilli parmi une centaine d’Européens. Il y retrouve son compagnon de l’horreur et d’autres intellectuels renommés (avatars d’Alexander Grothendieck, Edgar Morin et Etienne Klein). Commence leur combat dans un monde transfiguré et hostile. Sur « On » (le nom de la planète Terre rebaptisée) la grisaille les assiège : tout se ressemble, tout se confond, temps, espace, néohumains…

Niveau de lecture : motivé.

Extraits

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Des avis

Je n’ai pas lu ce roman comme un livre de science-fiction mais comme un livre prophétique. Zoé a fait un travail de synthèse impressionnant pour chercher ce qui dans notre monde actuel peut induire la grande catastrophe à venir. La question essentielle pour les survivants est comment résister au nouvel ordre mondial qui s’installe car le monde d’après n’est pas forcément meilleur. Daniel Chiche.

On retrouve ici les codes de la science-fiction, et pour les amateurs du genre (dont je fais partie), bien que les histoires soient très différentes, j’ai beaucoup pensé à la psychohistoire chère à Isaac Asimov dans le cycle de fondation. On découvre une toute nouvelle société, ordonnée, hiérarchisée, qui fait ses premiers pas dans un environnement bouleversé. J’ai perçu plusieurs niveaux de lecture, notamment concernant la place donnée aux mots : vous connaissez sans doute cette citation de Victor Hugo « Le mot, c’est le verbe, et le verbe c’est Dieu ». Zoé Gilles articule habilement l’intrigue et une réflexion intéressante sur la langue qui est ici utilisée comme un instrument du pouvoir. Christine Lebon.

Deux mots. Bluffant. Dépaysant. J’ai lu avec curiosité ce roman. C’est un travail hors norme. Dépaysant alors que c’est bien des hommes, de notre bêtise, de nos œillères dont l’auteur parle. Dépaysant, car les personnages vivent sur une autre planète et pourtant c’est bien notre rapport à notre terre qui est questionné. Dépaysant, car le langage est différent (le totalitarisme de la Novlangue de 1984) alors que c’est bien dans notre langue que les héros rédigent cette fameuse note. Dépaysant : de la manière dont les personnages s’habillent à celle dont ils mangent, tout est différent. Quelle imagination ! Ce monde qui est si similaire et pourtant si différent du nôtre a été réfléchi dans ses moindres détails par l’autrice. Alors si vous aimez lire des ouvrages qui vous bousculent, qui vous questionnent, n’hésitez pas. Plusieurs thèmes sont abordés. Des sujets terriblement d’actualité. Espérons que Zoé Gilles ne soit pas trop visionnaire ! Rose Helea.

Conseil d’ami, osez ! Osez vous confronter à ce qui vous dérange, osez vous poser de vraies questions. Ce roman, à sa manière, est un combat. Dans cet univers en (re)construction hyper-rationnel, mais le rationnel d’un fou, quelques humains (si on peut encore les appeler humains) issus de l’élite intellectuelle de l’ancien monde veulent, envers et contre tout, reconstituer une encyclopédie du savoir universel… sur la base de leurs seuls souvenirs. Je ne veux pas spoiler ce roman très particulier. Interrogations philosophiques, éthiques, scientifiques, voire religieuses viennent nous interpeller et nous frapper de plein fouet. Jean Saintfort.