20 juin 2021

Le vide de leurs entrailles de Rose Héléa – Tome I : Quand on n’a que l’amour

Par Zoé Gilles

Un livre-poème.

Une ode à la vie.

Au buen vivir.

Quand on n’a que l’amour est un livre immensément riche, réaliste, à cheval entre le présent en transition et une vision anticipatrice dystopique, que je recommande chaudement.

Résumé : Marie et Jo, un jeune couple, rêve d’une farandole d’enfants. Mais…

Sous une plume qui n’a plus rien à apprendre des difficultés de la langue française pour s’exprimer, Rose Héléa aborde en profondeur 2 grands thèmes.

Celui de la maternité et de son égal pendant, la paternité, en nous relatant avec détails de manière fluide, limpide, naturellement riche, et instructive, le combat du couple formé par Marie et Jo, qui ne parviennent pas à fabriquer le « bébé couette », fruit d’un instant de fusion naturelle, qu’ils désirent et sont contraints d’avoir recours à la PMA (procréation médicale assistée).

Et celui des soubresauts d’une société en décomposition, à travers ce qui compose en quelque sorte une grande famille constituée des nombreux amis du couple et des parents, dans une vision dystopique futuriste, déjà en germe, avec la création du MVP (le Mouvement du Vrai Peuple) axé sur la peur des microbes et l’urgence écologique.

Plus qu’une romance – puisque Quand on n’a que l’amour nous conte en profondeur les débuts de l’histoire du couple et les liens d’amitié de cette grande famille, des personnages décrits avec un réalisme surprenant et tous fort attachants – et plus qu’une dystopie, l’auteure met à nu les nombreuses craintes qui assaillent chacun de nous, à l’heure où tanguent une nouvelle fois la raison et le cœur. Mais il nous reste la lune, ah, la lune !

« La lune était là. La lune allait la soutenir. Quel que soit son destin. Ils n’allaient pas profiter de la vie, ils allaient la vivre pleinement et simplement. »

Un dernier point strictement personnel : j’ai une préférence pour les textes condensés. La saga n’est donc pas ma tasse de thé. Sans doute, aurais-je préféré que le thème du MVP soit abordé plus tôt dans l’histoire. Mais cela n’enlève rien à la beauté du texte et à sa magie lunaire qui m’ont conquise.

Un mot sur l’auteure :

j’ai peu d’information sur Rose Héléa, si ce n’est qu’elle est enseignante, professeure d’histoire géographie, docteur en sciences politiques, qu’elle a fait passer les épreuves orales du BAC dans des conditions terribles cette année-catastrophe 2021, qu’elle traite avec connaissance de nombreux sujets tels les virus, le nucléaire, la faune et la flore, et l’exil, et qu’elle est autoéditée comme la majeure partie des nouveaux auteurs, situation à tout le moins française de l’édition oblige. Sa phrase-clé est :

« Ecrire c’est lorsque des larmes de joie ou de tristesse coulent sur le papier ».