25 mai 2021

Trois pépites que j’ai plaisir à partager

Par Zoé Gilles

Trois auteurs auto-édités découverts dans le Cercle des auto-édités, ils ont publié des bijoux…

Malika… Et les fantômes du souvenir de Djalila Bendjelloul est un livre poignant, fort instructif, notamment dans le contexte actuel de l’Hirak. Un témoignage-choc parfaitement mené, dans un langage simple et direct, essentiel, sur les dessous terrifiants de la grande Histoire (où tout est toujours question d’idéologie, de politique et de partage des richesses) au temps de la guerre d’indépendance d’Algérie et au cours de l’ignoble guerre civile des années 90.

Buenos Aires Mayday de Lola Albarracin. Sagan, de Beauvoir, Yourcenar, Duras, pour les plus connus chez nous, vous connaissez ? J’ajoute Albarracin des temps modernes. Ce livre m’a laissé sans mot. Ici, je ne parlerai pas d’écriture, inutile tout y est : Lola est « Une écrivaine, une vraie » comme dit Pia Petersen. Ici, on est à l’étage au-dessus : ce que laisse le roman où tout est réussi : le décor est planté dès les premières lignes, les neuf cercles de l’enfer argentin, les personnages sont extrêmement vivants, bien réels et l’histoire, passionnante en soi, écrite d’un jet clair et limpide, d’un souffle profond et constant où tout s’enchaîne naturellement (tous les fils de bâti sont soigneusement retirés) mêle avec talent l’intrigue personnelle de la protagoniste au contexte général (le politique, le collectif). Aucune page n’est à écarter ou survoler.

Avec Ma rue à moi de Laurent Quenneville, c’est Lucien au pays des merveilles… Un très beau conte philosophique autour des mots et des lettres, « à placer entre Perrec et Queneau » (sic. un lecteur) à ne pas manquer de découvrir, pour petits, grands et très grands. Un rayon de soleil, une douceur humaine, véritables guides pour traverser les tempêtes enfantines ou celles adultes mal calmées.