7 mars 2021

La fille de Minos et Pasiphaé.

Par Zoé Gilles

Résumé : « Des acteurs amateurs décident de monter Othello. Pour travailler, ils se retrouvent dans un bistrot dont on partage la vie. On assiste à leurs efforts pour comprendre le texte. On participe à leurs répétitions. On est avec eux dans leurs exercices. Mais en coulisse c’est une autre tragédie qui se joue… celle de Phèdre, fille de Minos et de Pasiphaé. »

« L’autonomie et l’indépendance ça n’a rien à voir avec la solitude, ce sont les autres qui nous permettent de devenir ce que l’on est, non ? »

Mon avis : coup de cœur pour la composition.

Dominique Chiche nous livre une tragédie profonde, particulièrement réussie. L’idée de la pièce théâtrale au chœur de l’histoire est hyper bien menée. Au fil des actes, peut-on dire, c’est un voyage en galères (au pluriel) dans le monde des vivants dans notre merveilleux Paris autour de plusieurs couples qui se forment  (le jeune et le vieux, Lucien/Michel ; le vieux dont le cœur palpite toujours pour Brigitte, la vieille ; celui des femmes-copines (Patricia/Ophélia) ; celui encore des premiers amours (Michel/Ariane) ou des fins d’amour (le couple Pierre/Patricia) ou des possibles amours (Pierre/Ophélia)… Le côté relationnel et nos sentiments si complexes et bien étranges, parfois, est particulièrement bien vu et analysé.

Mais qu’est donc devenue la gondole vénitienne ? me suis-je tout de même demandé à la fin… J’y aurais personnellement bien couché l’un des quelques partants de cette comédie qui se mue en tragédie au nombre un peu excessif pour mon cœur sensible.

Bravo à l’auteur ! (En dépit de quelques « blancs » qui seraient les bienvenus dans certains paragraphes).